Votre site vous appartient vraiment si le nom de domaine est enregistré à votre nom, si vous avez les accès administrateur à l’hébergement et à WordPress, et si votre contrat prévoit par écrit la cession des droits sur le design et les contenus. Sans ces trois garanties, changer de prestataire peut devenir un casse-tête.
C’est une question que peu d’entreprises se posent… jusqu’au jour où elles veulent changer de prestataire. Et là, mauvaise surprise : le nom de domaine est au nom de l’ancienne agence, personne n’a les codes d’accès, ou le site est hébergé sur une plateforme propriétaire impossible à déménager. En 16 ans de métier, j’ai récupéré plusieurs sites dans cette situation. Voici comment l’éviter.
Pourquoi la question de la propriété est-elle si importante ?
Votre site internet est un outil de travail, au même titre que votre local ou votre camion. Il porte votre nom, votre référencement Google accumulé pendant des années, vos adresses email professionnelles, parfois vos ventes en ligne. Si vous n’en avez pas le contrôle, vous dépendez entièrement d’un tiers pour :
- modifier un texte ou un tarif ;
- renouveler le nom de domaine à temps ;
- changer d’hébergeur ou de webmaster ;
- récupérer vos données clients ou vos commandes.
Le jour où la relation se tend, ou simplement où votre prestataire arrête son activité, vous risquez de perdre votre adresse web, vos emails et tout le référencement construit.
Le nom de domaine est-il bien à votre nom ?
C’est le point numéro un. Le nom de domaine (votre-entreprise.fr) est loué chaque année auprès d’un registrar (OVH, o2switch, Ionos…). La personne ou la société inscrite comme titulaire en est juridiquement le détenteur. Si c’est votre agence qui apparaît comme titulaire, c’est elle qui contrôle votre adresse.
Comment vérifier : pour un .fr, faites une recherche sur le service Whois de l’AFNIC (afnic.fr). Pour un .com, utilisez un outil Whois/RDAP. Le titulaire doit être votre entreprise, avec une adresse email à laquelle vous avez accès. Un nom de domaine coûte en général entre 10 et 20 € par an : aucune raison qu’il soit au nom de quelqu’un d’autre.
Avez-vous les accès à l’hébergement et à WordPress ?
Deuxième pilier : les accès. Vous devriez pouvoir vous connecter, sans demander la permission à personne, à :
- l’espace client du registrar (nom de domaine) ;
- l’espace client de l’hébergeur (serveur, sauvegardes, emails) ;
- l’administration de votre site avec un compte administrateur (et pas seulement « éditeur ») ;
- vos outils liés : Google Business Profile, Google Search Console, Google Analytics.
Idéalement, l’hébergement est souscrit à votre nom et votre webmaster y a un accès délégué. C’est ce que je propose à mes clients : ils sont propriétaires, j’interviens pour eux. Si la collaboration s’arrête, ils n’ont rien à récupérer, tout est déjà chez eux.
Le design et les textes vous appartiennent-ils juridiquement ?
C’est le point le plus méconnu. En France, le code, le graphisme et les textes créés par un prestataire sont protégés par le droit d’auteur. Payer la facture ne suffit pas à vous en transférer les droits : le Code de la propriété intellectuelle exige une cession écrite, qui précise les droits cédés, leur étendue, leur durée et le territoire.
Concrètement, votre devis ou votre contrat doit contenir une clause de cession des droits sur les éléments créés spécifiquement pour vous. Sans elle, réutiliser votre maquette avec un autre prestataire peut poser problème. Attention aussi aux photos : une image achetée par l’agence sur une banque d’images est parfois sous licence à son nom, pas au vôtre.
Quelles solutions techniques rendent un site « prisonnier » ?
Certaines offres, souvent proposées en location mensuelle avec engagement, reposent sur un outil maison développé par l’agence. Le site fonctionne très bien… tant que vous restez client. À la fin du contrat, vous ne pouvez rien emporter : il faut tout refaire.
À l’inverse, un site sous WordPress repose sur un logiciel libre et standard. N’importe quel webmaster compétent peut le reprendre, le déplacer chez un autre hébergeur ou le faire évoluer. C’est l’une des raisons pour lesquelles je construis la majorité de mes projets sur cette base.
Pensez aussi aux licences des extensions payantes (Elementor Pro, thèmes premium…) : demandez à qui elles sont rattachées et ce qui se passe si vous changez de prestataire.
La checklist à faire dès aujourd’hui
- Vérifier le titulaire de votre nom de domaine via un Whois.
- Lister vos accès : registrar, hébergeur, WordPress, emails, Google.
- Tester chaque connexion et changer les mots de passe partagés.
- Relire votre devis ou contrat : y a-t-il une clause de cession de droits ?
- Vérifier que vous avez une sauvegarde récente du site, stockée hors du serveur.
- Ranger tout cela dans un gestionnaire de mots de passe.
Si plusieurs cases restent vides, ce n’est pas forcément grave, mais c’est le bon moment pour régulariser, calmement, avant d’en avoir besoin. Et si vous envisagez une refonte de votre site, c’est l’occasion idéale de repartir sur des bases saines.
Questions fréquentes
Mon ancien webmaster refuse de me donner les accès, que faire ?
Commencez par une demande écrite et courtoise, en rappelant que vous avez payé la prestation. Pour le nom de domaine, s’il est à votre nom, le registrar peut vous aider à récupérer l’accès sur justificatifs. S’il est au nom du prestataire, un transfert de titulaire est nécessaire ; en cas de blocage, un avocat ou une procédure de résolution de litige peut s’imposer.
Un site en location mensuelle, c’est forcément une mauvaise idée ?
Non, à condition de savoir ce que vous récupérez en fin de contrat. Demandez noir sur blanc : qui détient le nom de domaine, pouvez-vous récupérer les fichiers et les contenus, et à quel coût ?
Qui est propriétaire quand vous créez mon site ?
Vous. Le nom de domaine et l’hébergement sont à votre nom, vous avez un accès administrateur complet, et la cession des droits est prévue dans le devis. Découvrez comment je travaille sur la page création de site internet à Perpignan.
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